Des histoires… indicibles… Les “chanceux” enfants des rues.

 

 

Je viens de trouver par hasard cette photo, sur Facebook. C’est l’une parmi celles difficiles d’ignorer, n’est-ce pas. Cela fait longtemps, chaque fois que je ferme mes paupières, je vois cet enfant en guenilles dormir sur le coffre d’une Mercédès, parallèle à un chien errant, dormant par contre au-dessus d’une Kia. Mais cela ne dure pour de vrai que quelques jours; comme vous, lecteur, le reflet va disparaitre comme j’étais prise par la vie quotidienne, son va-et-vient ou probablement par la politique ou les désastres naturels. Je dirais que c’est normal…

Pourtant il y a une autre chose qui me vient à la tête lorsque j’examine la photo. L’histoire. Je n’ai jamais vraiment pensé a cela, mais en tombant sur cette photo, je me rends compte à quel point sont incroyablement chanceux, les enfants avec lesquels je travaille. Je n’arrive pourtant pas à croire que je viens de taper cela! L’ironie! Mais ils sont chanceux, ils sont plus chanceux que ce petit puisqu’ils ont, plus qu’un refuge, ils ont trouvé malgré tout une oreille a l’écoute de leurs histoires et une passerelle de leurs voix.

Cela m’a fait penser a quelque chose que Stephen King a autrefois écrit dans “Différentes saisons” alors qu’évidement il écrivait sur une autre chose : ” Les choses les plus importantes sont les plus difficiles à dire. Ce sont les choses dont tu as honte, parce que les mots les réduisent- les mots réduisent les choses – qui ont semblé sans limite quand elles étaient encore et seulement dans ta tête – a plus rien lorsqu’elles s’expriment. Mais c’est plus que ça, n’est-ce pas? Les choses les plus importantes se trouvent tellement proches de ton “cœur secret”, comme un point de repère à un trésor que tes ennemies aimeraient le filer en douce. Et il se peut que tu fasses des révélations qui te coutent très cher, rien que pour avoir des gens qui te regardent bizarrement, ne comprenant rien de ce que tu as raconté, ou pourquoi tu as pensé que c’était aussi important que tu as presque pleuré pendant que tu le disais. C’est le pire, je pense. Quand le secret reste enfermé a l’intérieur, non par besoin d’un conteur mais par besoin d’une oreille compréhensive.”

Je regarde de nouveau la photo et je vois les chaussons, gardées en une telle haute estime, bien supérieure à l’enfant lui-même. S’agit-il sans doute d’une possession de valeur dans l’impitoyable dureté de la rue qui est devenue leur premier nom – “Enfant de la rue”… Je vois la bouche ouverte et me demande quels mots s’évadent de ces souffles, et les pieds croisés et en raison de mon travail avec les enfants des rues je sais que cet enfant les a vu décroisés de force. Toutes les histoires racontées et jamais racontées dans ce seul paragraphe me tourmenteront comme celles que j’ai écoutées. Les histoires de ces fenêtres qui regardent cet enfant mais n’ont, semble-t-il, pas d’espace pour embrasser cette enfance.

Pourquoi suis-je en train d’écrire cela? Parce que j’ai réalisé qu’a défaut d’adopter ces enfants, de mener des actions de lobbying en leur faveur ou de leur fournir des alternatives, il y a autre chose que les gens puissent faire pour les aider; c’est au moins d’être là et de les écouter. Quand bien même que les enfants mentent, leurs mensonges ne sont souvent aussi sadiques que la réalité qu’ils cachent. J’ai bien appris cela au centre d’accueil quand Sarah nous imitait comment elle mendiait et racontait aux gens que son père fut tué et qu’elle était devenue responsable d’une mère handicapée et de 4 petits frères et sœurs. Cela m’a ébahi parce que sa vraie histoire, qu’elle s’est enfuie car son père avait l’habitude de verser de l’eau bouillante sur son corps, rien que pour les plaisirs de sa belle-mère, aurait secouée plus profondément les passagers. Rien qu’écouter les histoires qu’ils veulent raconter et voir une photo pareille, pour se rendre-compte qu’il y a des histoires manquant une oreille compatissante.

 

Article original: www. Par Nelly Ali. Titre: Stories… Untold… The “Lucky” Street Children

Traduit par: Nourhane Agamawy

 

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